samedi 23 octobre 2010

François combe, une politique des villages


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François Combe a vécu la fin de la sidérurgie Lorraine en particulier sur les bassins de Thionville, de la Fensch et de l’Orne. Après 24 ans passés au service informatique de Sollac et d’Unimétal où il était chargé de l’informatisation du groupe, des bureaux aux lignes de production, il savait que sa venue dans un service signifiait des licenciements mais il a assisté en tant que délégué du personnel à un manque de réaction au changement : pourtant, l’installation d’un écran dans un service engendrait en général le licenciement de trois personnes.

François Combe a quitté Sollac en 1987 pour créer sa propre entreprise, Adhésif System. L’entreprise était spécialisée dans la découpe d’adhésif servant à décorer des véhicules, des vitrines, des panneaux, des caissons lumineux ou encore de la signalétique. Elle comptera jusqu'à quinze salariés.

Chez adhésif-système tout le monde gagnait le même salaire. Presque arrivé au terme de sa carrière, François Combe vendra son entreprise à la société Signalest qui faisait partie du groupe Girod-Lacroix.

Aujourd’hui il est Adjoint au Maire de Thionville en charge des huit villages faisant partie de Thionville.

En 1967, deux villages ont fusionné avec Thionville : Veymerange et Elange.

En 1970, six autres villages font de même : Garche, Koeking, Oeutrange, Volkrange, Beuvange, Metzange.

A cette époque, François habitait déjà à Garche, il y était arrivé en 1957. Auparavant il vivait avec ses sept frères et sa sœur, la petite dernière, dans la cité Oury-Sud, un quartier populaire à cheval entre les communes de Fameck et Florange.

François était l’ainé et jamais le dernier à participer aux bagarres autour du garage Camisan, entre les enfants de la cité et ceux de Florange - Centre.

A Garche, la famille Combe s’installe dans une vieille ferme au centre du village, une grande maison avec un potager et une vraie basse-cour : des canards de barbarie, des poules, des coqs, des lapins et même tous les ans deux cochons.

Dans les années cinquante, le pays était en pleine reconstruction : le maire de Garche avait mis des terrains à disposition d’un groupement coopératif, les Castors. Ces cinquante-trois maisons sont toujours à l’entrée du village.


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Les travaux étaient collectifs et une fois finies les maisons furent tirées au sort. C’était la condition pour que tout le monde participe au même niveau d’engagement à la construction de chaque maison.

Les nouveaux habitants n’étaient pas du village et leur intégration à Garche a été assez laborieuse, d’un côté les Castors et de l’autre les anciens de Garche. Les différences se sont comblées peu à peu et c’est même des Castors que sont venus les gens qui ont participé à la vie active du village : Bruno Magini a présidé pendant 43 ans le club de football, l’Espérance Sportive de Garche, secondé par un autre habitant des Castors, Etienne Zawadzki.

Ensemble, ils ont crée le comité des fêtes de Garche - Koeking. A leur mort, les habitants ont souhaité que le stade de Garche porte leur nom en souvenir de leur engagement au service du village. Le Maire de la précédente municipalité a refusé.

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François Combe avait été Conseiller Municipal de 1977 à 1989.

Exclu du parti socialiste pour être entré en dissidence, il avait renoncé à la politique et il envisageait une retraite paisible à s’occuper de ses petits enfants et en faisant quelques voyages en compagnie de son épouse. Mais ce refus de nommer le stade allait ranimer sa flamme et le pousser à éditer un « Petit Journal » pour aborder les problèmes des villages. Il ne lui fallait pas moins d’une semaine pour diffuser lui-même chaque numéro dans les huit villages faisant partie de Thionville.

Aux dernières élections, Bertrand Mertz, le nouveau Maire socialiste, lui a proposé d’être sur sa liste et François Combe a accepté à deux conditions : parce que pas grand chose n’avait été réalisé pour les villages, que soit prévu un budget annuel permettant de rattraper le retard des 40 dernières années et deuxième condition, qu’il soit nommé Adjoint en charge des villages pour pouvoir réaliser ce budget.


Aujourd’hui 4 conseillers municipaux l’assistent dans son travail, Nathalie Swol s’occupe du village d’Oeutrange, Josy-Anne Oestreicher de Garche et de Koeking, Giocondo Cavalière s’occupe de Volkrange, Beuvange et Metzange et Jean-Luc Gonella de Veymerange et d’Elange.

Gilles Thuillet est le responsable technique à la Ville en charge de résoudre les différentes demandes émanant des villages. Il est assisté dans sa tâche par Marie-Julie Salliard.

Depuis maintenant deux ans, beaucoup de choses ont été réalisées et des Conseils Consultatifs de village sont en train d’être mis en place. Ils seront constitués de personnes volontaires concernées par la vie de leur quartier. C’est une façon de rester au courant des projets en cours.

de gauche à droite:
Garche, oeutrange,beuvange, Volrange, Elange, Veymerange
Elange koeking












vendredi 15 octobre 2010

Noëlle Leclerc, la nécessité de transmettre

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Noëlle Leclerc est retraitée depuis 2008. Noëlle a plus d’une passion : elle aime montrer ce qu’elle fait et partager ses savoirs avec les gens, elle aime l’enluminure pour la paix qu’elle procure à celui qui la fait, elle aime les livres pour le plaisir de lire et l’art de la reliure.


La reliure, Noëlle l’a apprise avec monsieur Falkenroth qui est mort cette année, un grand relieur au service des communes de la région puis du centre Jean Morette où il transmettait son art. Là elle a appris à débrocher et recoudre en se faisant la main sur sa collection d’auteurs russes qu’elle adorait dans sa jeunesse et dont elle avait encore toute la collection en format de poche. Du livre au parchemin Noëlle est passée à l’enluminure, c'est-à-dire l’ornementation de la première lettre du premier mot de la première phrase d’une page. C’est une pratique qui remonte au moyen-âge et à la confection d’ouvrages religieux par les moines copistes et enlumineurs. Les pages sont en parchemin, c'est-à-dire en peau animale et c’est toute une alchimie pour parvenir à peindre. Les dessins sont rehaussés à l’or fin et la préparation des sous-couches est longue, minutieuse et mystérieuse car on utilise les mêmes techniques qu’au moyen-âge. Le « mordant », la couche préparatoire est faite de plusieurs couches de gomme ammoniaque, gomme arabique et eau de miel avant d’être poncée à l’agate pour obtenir une surface si lisse que lorsque on pose la feuille d’or, on peut se voir dedans. C’est un travail en plusieurs étapes qui développe la patience et l’intériorité. Noëlle aime les mots attachés à cette pratique. Eux aussi viennent du moyen-âge et elle a envie de communiquer cet amour pour donner envie de lire aux gens.

Depuis une dizaine d’année maintenant, Noëlle anime les ateliers de français du centre social Le Lierre à Thionville, en bonne entente avec Stéphanie Bucci qui coordonne les ateliers. Le jeudi, les groupes de nouveaux arrivants qui ne parlent pas notre langue et le vendredi, des groupes de perfectionnement pour ceux qui ont quelques difficultés.
Monique, Chantal et Saveiria élaborent le roman du GR20


Ces ateliers ont commencé quand Noëlle était encore animatrice au foyer des jeunes travailleurs où elle avait été embauchée pour remettre la bibliothèque en ordre justement. Noëlle qui est secrétaire de formation avait arrêté de travailler quatorze ans pour s’occuper de ses enfants. Madame Niedercorn, la directrice du F.J.T, lui permettra de passer le diplôme d’animatrice le BEATEP qu’elle obtiendra en janvier 2000. A quarante quatre ans Noëlle, qui venait d’une famille sans problème particulier, découvre les difficultés que peuvent vivre certains jeunes. Pour venir en aide à ceux qui ont du mal avec la langue elle se forme à l’I.R.F.A aux techniques de lutte contre l’illettrisme. Mais avec le temps elle a appris que la méthode ne suffit pas : il faut avoir envie de faire avancer les gens et s’intéresser à eux. Savoir les écouter et se remettre toujours en question. C’est une aide personnalisée et Noëlle s’adapte aux besoins des gens. Une jeune ingénieure russe aura besoin d’un apprentissage ardu et sera capable d’assimiler un vocabulaire très spécifique alors qu’une jeune maman aura besoin de pratiquer assez la langue pour faire ses courses, déchiffrer un courrier administratif, contrôler le carnet de notes des enfants. Pour ça Noëlle se sert de logiciels d’apprentissage par modules phonétiques et grammaticaux ce qui nécessite aussi une approche de l’ordinateur et de son fonctionnement. Les participants pratiquent chaque module et Noëlle évalue leurs progrès régulièrement jusqu’à assimilation complète du module.


Noëlle, qui a dix sept ans voulait être institutrice a d

écouvert grâce au bénévolat une façon d’être utile et d’aider les gens au cas par cas. Si elle prend en compte la situation particulière des gens, elle ne dépasse jamais son rôle de formatrice. Pour aider, il faut garder la bonne distance.

Elle a appris à voir les gens au-delà des aprioris qui font de tous les étrangers des profiteurs. Elle sait que ce n’est pas vrai et que la plupart a vraiment envie de s’intégrer. C’est un échange de savoir réciproque.

Avec Saveiria , Chantal et Monique, Noëlle a inventé un nouvelle façon de trouver du plaisir à se perfectionner en français.

Ensemble, elles ont construit une histoire qui a pour cadre le chemin de randonnée qui traverse la Corse, le G.R 20 qui offre autant de possibilités d’écriture que d’étapes. L’histoire se nourrit des difficultés rencontrées sur le chemin réel et demande donc un effort de recherche documentaire.

Les dessins et enluminures sont réalisés par les ateliers d’art de « de Guise » et ces dames ont hâte de voir le livre fini avec leur nom dessus car cela fait maintenant deux ans qu’elles s’y consacrent.


article publié sur wikithionville




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envoyé par lelierre. - Films courts et animations.