jeudi 5 novembre 2009

Latifa Chaabt, Micheline Salvatore, Nacera Kelsen-stein: nous sommes la frontière.


Latifa, Micheline et Nacera

Réunies au 21 boucle de la Milliaire à Thionville dans les locaux du centre Jacques Prévert, Latifa Chaabt, Micheline Salvatore et Nacera Kelsen-stein on parlé entre elles devant les caméras du «Réel en vue », de la notion de frontière. Latifa commence.

Il y a des frontières visibles et des frontières qu’on ne voit pas mais qu’on ressent, on s’arrête on demande la permission d’entrer. Soit on a le visa et on entre, soit on ne l’a pas et on s’en retourne. C’est ça la frontière invisible : il ya ce respect pour la personne et j’attends. Ai-je la permission d’entrer dans son monde ? Chacune a besoin de ses petites frontières : si la personne ne garde pas son secret, c’est une gène.

Nacera n’arrive pas à exprimer ce qu’est la frontière car la frontière est partout : dans la culture, dans la religion, dans le travail, dans la personne elle-même, par exemple, la religion en est une : elle dit ce que doit faire la femme.


Micheline se rappelle la première fois qu’elle a du manger séparément de ses amis masculins en Tunisie. Elle a l’habitude de partager avec ses amis et cette séparation l’a choqué. Ce jour-là elle avait failli partir : elle n’avait pas osé poser la question. Micheline pense que les tunisiens sont timides et renfermés et qu’il ne faut pas poser de question sur ce qui se passe chez eux.


On lui a dit plus tard que c’était la coutume mais personne n’a jamais pu lui expliquer pourquoi.

Nacera ne voit là rien de choquant car ça se fait encore aujourd’hui, les garçons vont avec leur père, les filles avec leur mère. Elle explique la séparation par la timidité : les femmes ne peuvent pas rire devant un étranger. « Nos mères sont comme ça, on a été élevées comme ça. Ce n’est pas de maintenant. »


Quand elle était enfant, Latifa supportait assez bien les marques de différences à l’école, « tu n’as pas la même couleur, tu ressembles à du chocolat » : elle cherchait à s’intégrer, il fallait vivre. Quand elle a eu des enfants, c’est devenu moins évident à supporter. Elle voulait que ça change, elle ne voulait pas que ses enfants subissent la même chose qu’elle.


Nacera elle, s’est intégrée facilement et directement à la société française et elle en parle avec ses enfants: ils sont nés ici, ils sont français. Mais elle redoute un rejet possible à cause de leur nom de famille français. Elle prépare ses enfants car elle ne voudrait pas qu’ils souffrent en grandissant, d’être rejetés de la communauté arabe.


Latifa remarque que quand elle va là-bas au Maroc, elle n’est pas considérée comme les gens du pays et quand elle est ici , elle est toujours obligée de se battre pour légitimer son appartenance à son pays, la France. A chaque fois elle se sent un peu perdue et elle a besoin de faire le point. Elle a deux pays. La France est une grosse part d’elle-même, le Maroc ses origines.


Micheline sait que la langue tue et qu’il faut réfléchir avant de parler car les mots restent : une fois la personne vexée on ne peut plus rien changer à ça.

Ce qui l’a fait le plus souffrir par le passé, c’est le regard des autres sur sa petite taille, ces gens qui la dévisageaient et se retournaient quatre, cinq fois sur son passage. Elle rigole elle-même de sa petite taille sinon elle resterait toujours au passé. Alors même elle, elle passe par-dessus aujourd’hui.


Nacera dit qu’il ne faut pas écouter les gens, que quand on veut faire du mal, on trouve. Latifa ajoute qu’on est des êtres humains avec leurs défauts et leurs qualités. On se fabrique des maisons, des jardins des petits terrains, on délimite, on est content… Après, on détruit, on est content…

Heureusement le racisme physique diminue. D’une époque à l’autre, il y a des progrès. Ce qui est bien c’est que les enfants d’aujourd’hui sont très éveillés. Le monde moderne a un impact sur eux et bizarrement, elle n’a pas peur pour eux. Plutôt que de tirer la couverture d’un côté ou de l’autre, il faut essayer de la stabiliser dans une atmosphère saine pour tout le monde. Et trouver un juste milieu entre Orient et Occident. La perfection n’est ni l’Orient ni l’Occident, mais les deux. C’est la force de Latifa, elle en est fière et elle fait en sorte que ses enfants communiquent ça à leurs camarades pour qu’ils s’échangent ces richesses.


la rue Paul Albert sépare le quartier en deux : de la vient la nécessité des locaux du 21 bcle de la Milliaire



mercredi 4 novembre 2009

evelyne michel: prendre sa place pour changer les choses.


Evelyne fait partie de conseil d’administration du centre Le Lierre aux Basses-Terres depuis l’an 2000. Elle y avait déjà participé en 1999 en tant que remplaçante de la représentante de l’A.P.E, association de parents d’élève du quartier.

La même année, elle devient présidente de l’A.P.E au cours d’une assemblée générale où elle pose sa candidature contre la présidente sortante : elle a décidé de changer certaines façons de faire de l’association et d’associer les gens aux décisions plutôt que de répartir les tâches de façon autoritaire. Elle a déjà compris qu’on ne peut amener les gens à collaborer bénévolement à un projet que s'ils en ont envie et que ça leur fait plaisir. Elle sera présidente jusqu’en 2004. Cette année là, ses enfants entrent au collège et au conseil de l’école de quartier, elle n’a plus qu’un rôle consultatif. Pour continuer à exercer comme présidente, elle a besoin d’être dans le bain et elle préfère passer la main. Son apprentissage d’administratrice du Lierre la met aux prises avec un jargon professionnel qu’elle ignore mais elle peut compter sur l’attention de Dino Santilli, le directeur du centre, qui remarque toujours dans l’assemblée ceux qui manifestent sur leur visage une certaine hésitation.


R.E.V.V.E: l'atelier à ses débuts.


Au centre, elle s’occupe de l’atelier R.E.V.V.E , qui collecte les vêtements et de la bourse aux jouets. En 2008 le conseil remet en question l’existence de la bourse aux jouets et elle démarre au quart de tour : si la bourse est supprimée elle quitte le centre. Avec d'autres administrateurs du centre, elle accepte de prendre personnellement en charge le projet pour permettre sa survie.

la bourse aux jouets 2009, salle polyvalente au Lierre


Au sein du C.A. c’est une mini révolution mais Evelyne ne dit pas oui parce que tout le monde dit oui et après tout, elle a mis à profit les formations que le C.A leur a proposé : « conduire un projet », « la place du bénévole dans le centre social », « la manière de communiquer ». Ces séances l’ont aidé à réaliser des choses qu’elle faisait sans les remettre en question. Hélène Dagrena par exemple, leur a montré la nécessité de l’écoute dans un groupe et le pouvoir qu’a chacun de s’exprimer en son nom propre. Plutôt que de s’appuyer sur ceux qui se mettent en avant et suivre leur avis en toute circonstance il faut se faire confiance et parler.

Avant elle ne se posait pas de question et rendait service pour faire plaisir. Aujourd’hui elle choisit ses engagements pour éviter de se retrouver avec un agenda de salarié. Car si au début on agit pour être utile pendant les heures scolaires, il faut veiller à ne pas déborder sur sa vie de famille. Ainsi elles ne sont plus que deux à s’occuper de R.E.V.V.E et entre les temps de réunion qu’elles se répartissent le mardi après midi et le vendredi matin et les activités vidéo liées au festival du Réel en vue, elles ont réduit leur participation au seul comité technique vidéo.



Avec les années c’est vrai, le centre a changé, l’accueil est différent du temps où le bar était ouvert. Mais il le fallait car le centre n’aurait pu continuer ainsi et aurait disparu : à une époque elle se souvient qu’il était difficile pour quelqu’un venant inscrire ses enfants d’identifier le personnel parmi les usagers du centre.


les coulisses du festival 2007


Etre bénévole est enrichissant et Evelyne a beaucoup appris ces dernières années, elle rencontre également beaucoup de gens et sa surprise vient de la reconnaissance des centres sociaux associés au Lierre qui ont toujours besoin de gens de bonne volonté et ont parfois du mal à attirer les bénévoles comme elle et ses amies Cristina Delgado et Marysia Fassbender.


les trois amies et leurs collègues occupées à la cantine de la dernière fête de quartier.

mardi 3 novembre 2009

Monique Azegagh : de la difficulté de transmettre ses valeurs.




Monique Azegagh est « référente-famille » et coordinatrice au C.L.A.S, centre de loisirs et d'animation sociale de Guénange, dont la présidente est madame Siegwarth et la directrice madame Meunier et elle a bien voulu répondre à quelques questions sur que représente pour elle « la frontière » dans le cadre d’un film réalisé pour le festival du « Réel en vue »


tout près de Thionville, Guénange et son blason


Ce qui lui vient en premier à l’esprit c’est l’image de voisins entre eux qui vont se barricader en montant une jolie murette ou en mettant des haies partout pour bien montrer que c’est chacun pour soi.

Mais la frontière, c’est aussi celle des classes sociales. Quelqu’un sans argent pourrait exceller dans un domaine qui restera hors de portée d’un riche : en aura-t-il les moyens ? On est quand même à bout quand on ne comprend pas pourquoi on est si différent des autres : on ne l’accepte pas. Donc certains réagissent par la violence.

Vingt ou trente ans en arrière Monique aurait été plutôt révoltée. Maintenant, elle se dit que malheureusement, on est dans un monde où il faut avancer en essayant de ne pas se mettre de barrière.

Il faut essayer de trouver et de prendre le meilleur de chacun parce qu’il y a du bon chez tout le monde.

Devant l’injustice, elle a plus de retenue qu’avant, elle ne va pas exploser mais plutôt essayer de comprendre. Si c’est dans son entourage, elle discute avec la personne pour tenter de lui montrer une autre façon d’agir : le fait de discuter fait avancer les choses. Monique aime bien écouter, cela lui apporte et lui apprend beaucoup. Et c’est de manque de dialogue et d’écoute que souffrent les gens.

Parfois dans son travail quotidien elle se demande « ils cherchent quoi » et pourquoi les gens sont-ils si pressés?

C’est tout petit qu’il faut apprendre à vivre ensemble : à l’école, au club de sport, partout, un simple bonjour, un merci, un sourire, effacent les barrières. Monique a grandi avec les valeurs que lui ont inculqué ses parents et ses grands-parents : il faut les perpétuer pour ne pas les oublier.

Elle se souvient de sa jeunesse et des distractions simples qu’elle partageait avec ses amies et elle a peur que les nouvelles générations aient peu à partager entre l’internet et les jeux informatiques. Elle se demande aussi si elle ne se met pas elle-même inconsciemment des barrières en se raccrochant à des valeurs qui la rassurent. Peut-être qu’à leur manière les enfants d’aujourd’hui bannissent les frontières car il y aura toujours des générations de révoltés.

Elle a quitté l’adolescence et c’est leur vie à eux dont il s’agit. Mais elle n’aime pas voir les gens malheureux autour d’elle, elle ne veut pas les voir gâcher leur vie. Car c’est eux qui devront s’occuper des plus âgés bientôt. Et sans se voiler la face, il faut constater la frontière qui sépare de plus en plus les générations d‘aujourd’hui et les personnes âgées.

Encore une fois, si on n’inculque pas à l’enfant dès le début des valeurs de tolérance et de respect des plus anciens, il grandit dans le manque de ses origines et de son passé. Il vit, il travaille, il a quelques amis et s’offre quelques loisirs mais il n’a plus envie de s’embarrasser de toutes ces notions banalisées à ses yeux.


l'équipe de tournage du "réel en vue" quitte les locaux où est hébergé le CLAS de Guénange.

vendredi 30 octobre 2009

Yehiya Boncana, un homme qui a de la chance.

Boncana, en sonrhaï, signifie « un homme qui a de la chance ».
Le sonrhaï est une des nombreuses langues qui se parlent au Mali, c’est celle du père de Yehiya, aujourd’hui décédé. Yéhiya parle aussi le peuhl car sa mère est peuhl, le peuple des bergers. Il parle aussi le tamasheq car il a résidé dans une ville tamasheq dans son enfance. Le bambara est la langue la plus parlée au Mali mais le plus souvent, quand on est bambara on ne parle que le bambara et Yéhiya est content de parler plusieurs langues. Yehiha a vingt et un an et vient de Gao, ville de la septième région du Mali, jumelée depuis plus d’une vingtaine d’années à Thionville. Il a fait ses études dans une école agro-pastorale de Gao et a obtenu son brevet de technicien après quatre ans d’études.
Ce sont ses bonnes notes et son projet qui ont retenu l’attention du comité de jumelage et lui ont valu l’attribution d’une bourse d’études. Depuis la mi-septembre, il a intégré l’I.U.T de Thionvillle-Yutz pour suivre une formation de deux ans en génie biologie option industrie alimentaire et biologique sur la transformation du lait en particulier.

le mémoire de fin d'études de Yéhiya et la revue de l'école



Le projet de Yéhiya est en effet de sensibiliser les bergers peuhls et tamasheqs à la conservation du lait pour la fabrication de fromage dans de bonnes conditions. Il aimerait aussi ouvrir une fromagerie. Cette bourse est tombée à pic car, pour lui permettre de poursuivre ses études au Mali, sa mère, qui vit de sa demi pension de veuve, aurait du vendre quelques têtes de bétail. Certains dans l’entourage, laissaient déjà entendre qu’il ferait mieux d’arrêter ses études et de trouver un petit boulot pour soutenir sa mère.

les troupeaux font parfois jusqu'à 40 km
pour rejoindre le fleuve( photos Pascal Maitre)




Mais Yéhiya aime apprendre et il a saisi cette chance de venir étudier en France. Lui qui n’était jamais sorti de son pays, est monté dans un avion pour la première fois. C’est aussi la première fois qu’il se retrouve seul dans une chambre comme ici au foyer des trois frontières. Les couloirs sont déserts et silencieux mais derrière chaque porte il y a quelqu’un comme lui.

Depuis un mois qu’il est là il s’est fait un petit groupe de copains qu’il retrouve au repas du soir où dans la salle télé. Et le week-end, il est souvent invité par des membres du comité de jumelage.

Sa bourse de 450€ par mois lui semblait importante vue du Mali et il est bien obligé de voir combien la vie est chère en France. La nourriture est aussi une surprise. En Afrique, on connaît tout de l’Europe par les images et quand on voit des gens manger à l’écran, on a envie de rentrer dans la télé manger ce qu’on voit. Mais à l’usage, la nourriture est bien plus fade qu’au Mali : il faut toujours ajouter un assaisonnement.


Il est content de suivre les cours de l’I.U.T malgré ses difficultés en chimie et en maths. Le niveau d’entrée est celui de terminale S et il est un peu découragé par ce qu’il lui faudrait connaître pour suivre les cours dans les meilleures conditions : on ne va pas à la guerre les mains vides, à l’école il faut être préparé à ce qu’on va apprendre.

l'I.U.T de Thionville-Yutz


la dune de Gao : l'ensablement menace la boucle du Niger (photo Pascal Maitre)

Il a trouvé de l’aide auprès d’un professeur de biologie du comité mais il a vraiment besoin d’entrainement en chimie et en maths. Comme la vie en Europe, les cours vont très vite. Il est un peu rassuré de voir ses collègues peiner à suivre eux aussi mais il s’étonne que personne ne demande à ralentir le rythme : il n’a pas l’habitude de suivre en même temps les images projetées, écouter les commentaires du professeur et prendre des notes. C’est comme courir deux lièvres à la fois.

Enfin, Yéhiya Boncana ne manque pas de courage, il est prêt à surmonter les difficultés et à s’adapter, même à l’absence de sable de ce pays où tout est goudronné. Il reste déterminé à ramener un diplôme chez lui.

mardi 20 octobre 2009

Claudia Bettadji, Nagila Schouiter, Christelle Itshiari: Le regard, une frontière invisible.

de gauche à droite : Nagila, Claudia et Christelle au casc à Yutz


Nagila Schouiter, Claudia Bettadji, Christelle Itshiari se sont rencontrées au C.A.S.C, centre social implanté dans le quartier « cofimec » à Yutz, pour participer à un petit film du « Réel en vue ». Chacune témoigne de ce qu’évoque « la frontière » pour elle.

Claudia la voit au niveau social, entre elle et les juges, les services sociaux. Christelle a vécu à l’étranger, s’est mariée avec des étrangers et pour elle il n’y a pas de frontière. Mais elle n’ose pas dire qu’elle habite aux « cofimec ».

Nagila pense que la frontière peut rapprocher : son père était harki, elle est française et algérienne. En gardant sa culture d’origine elle efface la frontière.

La frontière est plus une différence qu’on retrouve dans le regard de l’autre et ça, on l’aura toujours, n’importe où. L’être humain est comme ça, le grand le petit, le beau le pas beau, le fort le faible, le riche le pauvre, le gros le maigre.

L’ignorance peut faire du bien, elle évite de regarder et de sentir les choses mais l’idéal est de se battre pour prouver qu’on est capable d’y arriver : arriver à se convaincre soi-même qu’on est capable d’être l’égal de l’autre.

Lui nous regarde pour notre différence et nous, on veut lui prouver qu’on est son égal.

Nagila s’est toujours battue, dans la cours de l’école elle était celle qui sort de l’ordinaire, elle était l’arabe. Il lui a fallu apprendre à lire et écrire sans aide de ses parents et sans aide aux devoirs : à six ans elle s’occupait du courrier aux administrations (au cours préparatoire, on savait déjà écrire à cette époque là). Elle trouvait ça normal car elle n’avait pas le choix. Elle n’a aucun regret et cette période de sa vie en famille est un bon souvenir: devenir le substitut du chef de famille l’a aidé même si cela l’a trop vite responsabilisé.

Claudia a cinq enfants et ne veut pas les pousser à devenir adultes avant l’heure. Elle a toujours vécu en France, son père était malade et elle devait aider sa mère avec ses six enfants. Ses enfants sont blonds aux yeux bleus avec un nom de famille arabe, dans une école où les autres enfants sont bruns à la peau mate. Elle vit avec ses enfants ce que les étrangers vivent en France.

Les enfants de Christelle, treize, huit et quatre ans, n’osent pas aller chercher du pain au Lidl alors qu’au collège tout se passe bien. Heureusement il y a le centre et l’accueil scolaire qui leur permet de faire connaissance avec les autres et de devenir indépendants. Ici on ne fait pas de différence entre les enfants, Claudia dit : le centre est le lien.

Christelle pense qu’on a de la chance de vivre en France. Pourtant elle a connu des difficultés en revenant vivre ici : elle a du prouver qu’elle était française alors qu’elle est née ici. Elle a fait l’expérience de ce que vit un étranger qui arrive en France : elle a du se reconstruire. Nagila est née en 1960 en Algérie et doit prouver encore aujourd’hui qu’elle est française. Cela ne s’arrête jamais.

Nagila se tourne vers ses voisines qu’elle côtoie dans le quartier mais sans les connaître vraiment. On ne se connait pas et on ne cherche pas à se connaître. Nous posons nous même les frontières et nous nous discriminons nous-mêmes. Dans le quartier, nous sommes logés à la même enseigne, nous nous connaissons plus ou moins de vue et dès qu’une personne rentre dans notre vie, c’est l’étranger.

Celui qui a des difficultés ne rêve que de s’en sortir, avancer évoluer, acheter une voiture, une maison, quitter le quartier. Celui qui passe de l’autre côté, va du côté de celui qui regarde.

Pour Claudia, c’est le reste de la ville qui fait que le quartier est comme ça. Quand elle fait une demande de logement, c’est toujours dans le quartier qu’on lui propose un appartement. Christelle : quand on habite ici on reste ici. Il ya bien une aire de jeu mais comment comprendre qu’on l’ait construite si près de la grand route et en plein soleil avec des jeux en fer si durs que les enfants s’y blessent ? Pourquoi a-t-il fallu que Claudia aille voir le maire avec une pétition pour que l’école du quartier soit chauffée comme les autres écoles de la ville ?

Elles ne veulent pas que leurs enfants finissent mal. Eux, ne veulent pas quitter le quartier, ils ont appris à vivre ensemble et connaissent toutes les religions. Ils ne portent pas de regard différent sur l’autre, qu’il soit noir ou blanc.

Pourtant Nagila craint que les enfants n’aillent vers une grande désillusion. Elle voudrait qu’ils sachent que la vie n’est pas le quartier, qu’il faut en sortir, se marier peut-être un jour, trouver du travail et faire de grandes études si possible. Mais elle a peur que la réalité ne les frappe de plein fouet.

Reste, comme dit Claudia, que si on a envie de dépasser une frontière c’est qu’elle ne limite plus rien.

lundi 19 octobre 2009

Virginie Hary: accueillir des femmes en détresse.

A trente sept ans, Virginie Hary est une jeune diplômée : en 2000 elle travaille pour la première fois dans le domaine social, elle est secrétaire dans un foyer d’accueil d’urgence à Metz et c’est Yvette Rolin, la directrice qui lui permettra de se former en aménageant son temps de travail : elle fait deux nuits par semaine, ce qui équivalait encore à l’époque à trente deux heures travaillées et elle peut suivre en voie directe la formation d’éducatrice spécialisée à l’I.R.T.S DE Ban St Martin.

En observant les demandeurs d’asile auprès desquels elle intervient, elle a pu mesurer la détresse des pères qui, ne pouvant travailler, sont réduits à l’inactivité et souffrent davantage que les mères qui peuvent s’accrocher à leur rôle de garante du foyer. Elle a compris aussi que les enfants plus vite intégrés que leurs parents, servent trop souvent d’intermédiaires avec les institutions et sont donc confrontés à des situations qui ne sont pas de leur âge.

Etre éducatrice cela veut dire prendre position. Pour Virginie c’est être sur le terrain en relation avec les gens : il faut être présent, partager leur quotidien pour les connaître et pouvoir leur être utile.

Elle est donc diplômée depuis un an quand elle arrive au gîte A.T.H.E.N.E.S. en 2006. Le gîte est un endroit à Thionville où les femmes en détresse peuvent trouver refuge avec leurs enfants. Il peut recevoir quarante personnes, dont quinze adultes maximum dans quatorze chambres et un appartement externe. Ces chambres peuvent accueillir cinq personnes au plus. Cinq éducatrices, deux veilleuses de nuit et toute l’intendance de la maison sont là pour accueillir et entourer les mères et leurs enfants. Chaque éducatrice suit trois familles directement et trois autres familles suivies par une collègue au cas où celle-ci serait absente.

La vie en commun laisse certaines tâches aux résidentes, comme la vaisselle, la préparation du repas du soir et des week-end, le ménage dans les étages et le service à table.


Chaque mardi circule le planning de l’attribution des tâches que les résidentes remplissent selon leur choix et les tâches restantes sont allouées le jeudi après midi pendant la réunion qui rassemble les résidentes présentes et un membre de l’équipe éducative . Ces réunions sont obligatoires et servent à échanger des informations, rappeler les règles de vie en commun et régler les conflits. Une résidente qui change tous les quinze jours porte la parole des autres mamans et participe à la réunion d’équipe éducative du mardi.


la terrasse donne sur le jardin


Chaque éducatrice intervient auprès des résidentes sur un domaine précis : la responsable de l’installation des résidentes, travaille en relation avec la C.A.F, celle de l'aide aux devoirs veille également à la relation mère-enfant. Une troisième éducatrice s’occupe du logement et entretient les relations du gîte avec les bailleurs sociaux.

La quatrième a en charge la santé et la vie quotidienne et Virginie travaille à l’insertion professionnelle des résidentes. Elle sert de tampon entre les institutions et les résidentes en les assistant dans leurs démarches pour retrouver un travail.

Ces domaines d’interventions donnent lieu à des ateliers pratiques tout au long de l’années au sein du gîte.

Les résidentes restent en moyenne six mois à A.T.H.E.N.E.S. et participent à hauteur de vingt cinq pour cent de leur revenu au budget de fonctionnement du gîte.


La buanderie au sous-sol


Virginie est également formatrice de terrain, elle accompagne des étudiants en stage. Elle leur transmet la nécessité de se remettre en question pour être capable de garder une distance critique avec leur pratique auprès du public. Parce qu’ils sont jeunes, les étudiants donnent naturellement tout au public mais il ne faut pas qu’ils perdent de vue qu’ils jouent un rôle dans l’institution et qu’il leur faut être conscient de ce que cela représente comme engagement, être vigilant sur ce qui leur est demandé et sur leurs objectifs de formation : en fait pour Virginie Hary, il faut tout le temps rester en formation.









mardi 13 octobre 2009

première balade périphérique: Basses-Terres, St-François.



la voie du luxembourg, document des archives de la villle

En traversant le quartier Saint François aujourd’hui, il est difficile d’imaginer qu’autrefois la route de Luxembourg était bordée de champs.

Un train traversait même ces champs pour rallier Rodemack, c’était le « jaengelchen », construit à l’époque allemande en 1903 par le groupe Vering et Waechter.


De l’époque des maraîchers qui nourrissaient la ville, il reste encore quelques rares champs cultivés.

Les basses terres elles, étaient autrefois une zone humide qui s’étendait entre la rue Sigoyer et les laminoirs à froid. L’hiver les enfants du quartier allaient jouer sur les eaux prises par le gel.

Les enfants du quartier St François allaient autrefois à pied jusqu’à la maternelle qui se trouvait à côté de la kaiserhalle, plus loin vers le centre ville. La kaiserhalle était un dancing construit en bois avec une façade en pierre du côté de la rue. Un balcon surplombait la piste de danse et permettait d’observer les danseurs tout autour de la salle. Cet endroit était connu pour les bagarres entre les gars du coin et les hussards qui se disputaient l’attention des jeunes filles du quartier. Ce dancing fût finalement racheté par le conseil de fabrique de la paroisse de St Maximin et converti en église provisoire jusqu’à la construction de Notre Dame de l’Assomption en 1956.

Aujourd’hui, à l’emplacement du dancing, se trouve le parc « Avion» dernier espace sauvage dans la ville.

Le quartier des Basses-Terres n’est qu’à cinq minutes à pied du centre ville. La place Roland en est le repère central avec ses deux tours.

La place Roland est en train de changer, elle va être complètement remodelée et l’aménagement de l’aire de jeu des petits a déjà ramené les mamans au pied des tours.

Le quartier va s’ouvrir davantage avec la restructuration de « la banane ».

Cet immeuble tire son nom de sa forme très allongée et courbe qui suit le tracé de l’avenue de Douai sur plusieurs centaines de mètres. Il va faire l’objet de travaux importants qui auront un impact direct sur la vie des habitants qu’il faudra reloger dans des conditions acceptables.


Une percée au bout de la rue Monluc et une autre au fond de la rue Christophe Colomb transformeront ces impasses en voies de circulation débouchant directement sur l’avenue de Douai. Cela créera de nouvelles possibilités de se déplacer entre les différentes parties du quartier en direction des nouvelles résidences.



jeudi 8 octobre 2009

Christiane Louisar, une femme entre deux cultures.

photo louisar

Christiane Louisar est déterminée, elle veut défier le temps pour atteindre les nombreux objectifs qu’elle s’est fixée.

Elle vient du Congo Brazzaville, ancienne colonie française, uniquement séparé de la république démocratique du Congo par un fleuve. Christiane a pu faire ses études au Congo Brazzaville. Après un bac littéraire elle obtient avec mention un B.T.S de Gestion des Ressources Humaines.




Elle a 26 ans quand elle arrive en France pour parfaire ses études.

A Evry elle obtient une maîtrise avec le titre d’Ingénieur Maître en aménagement au développement territorial (option métiers de la ville).

En 2003, elle passe un D.E.S.S de responsable de projet au sein de l’université de Créteil. Elle est cadre conseiller technique en insertion sociale, un domaine qui l’a toujours passionnée.

En 2008 elle quitte la région parisienne pour s’installer en Lorraine pour suivre son mari qui a obtenu un travail au sein de la commission Européenne au Luxembourg.

Christiane Louisar tente depuis son arrivée en Moselle de décrocher un contrat dans le secteur social. En attendant, elle multiplie les missions d’intérim au Luxembourg dans le secteur commercial et administratif pour continuer à se former.

Pour occuper son esprit et ses pensées elle travaille actuellement sur un projet de livre, « la marmite du Congo ». Son but est de préserver les recettes culinaires qui lui ont été transmises de génération en génération par ses ancêtres en faisant voyager les gens à travers les contes et légendes de son pays.

Pour son livre, Christiane n’a pas hésité à solliciter les conseils de Jean Pierre Koffe et Babette et a aussi obtenu la collaboration du graphiste Savio Leitao qui interviendra dans l’élaboration des photos de chaque recette.

Aujourd’hui, son livre n’attend plus qu’un éditeur.



Christiane apprécie la France pour les possibilités qu’elle offre de tout mettre en œuvre pour permettre aux gens d’avancer. Quand son livre sera édité elle a l’intention de reverser une partie de ses gains à une association congolaise d’aide à l’enfance qu’elle a rencontrée sur le terrain et qu’elle veut soutenir. C’est sa manière d’apporter sa pierre à l’édifice du Congo en reconstruction.


les enfants de l'AEED(photo louisar)


En janvier prochain Christiane Louisar proposera cinq ateliers de cuisine congolaise au centre le Lierre à Thionville.

Cinq ateliers autour de cinq plats différents qui seront l’occasion de parler du Congo.

Elle participe à l’éveil des femmes africaines. La culture de sa terre d’accueil lui a montré que les femmes africaines sont restées trop longtemps dépendantes et soumises. Aujourd’hui beaucoup d’entre elles, longtemps marginalisées par les hommes, s’affirment au sein de la société africaine.

mercredi 7 octobre 2009

Marc Betou: du monde du travail à l'éducation technique



Marc Betou vient de passer vingt trois ans comme éducateur technique au F.O.M.A.L, foyer mosellan d’accueil aux libérés. Marc va bientôt prendre sa retraite bien qu’il n’ait que cinquante sept ans : c’est que, petit dernier d’une famille de onze enfants, il s’est retrouvé dès l’âge de treize ans en apprentissage dans une boucherie industrielle de Longeville-les-Metz. Il fallait ramener de l’argent à la maison et à l’époque il ne s’est pas posé de question : il a passé ses diplômes et appris à aimer ce métier. A une heure du matin il déchargeait les carcasses de viandes des camions sur l’épaule avec les autres porteurs puis de quatre à cinq heures il passait à la découpe avant de prendre une pause d’une heure pour finir une longue journée à seize heures.

La boucherie ferme dans les années quatre vingt et après quelques essais à droite à gauche il décide de changer d’horizon : sa femme travaille comme cuisinière au F.O.M.A.L de Metz et il rencontre le directeur qui lui propose de participer à l’ouverture du F.O.M.A.L de Thionville en 1986.

Il devient donc éducateur technique chargé de la remise en état d’appartements et son rôle est d’accueillir des hommes sortant de prison et d’accompagner leur effort de réinsertion dans la société. Trouver un boulot, un appartement, s’occuper des papiers, rétablir les contacts avec la famille et les enfants : quand on sort de prison, on a besoin d’aide.

Au début, le F.O.M.A.L gère de trois à quatre appartement mis à disposition par les bailleurs sociaux, les hommes sont deux par chambre et les éducateurs font le tour des appartement le soir, pour prévenir les excès et maintenir la paix avec les voisins qui ne voient pas toujours favorablement cette présence dans leur immeuble.

L’équipe compte trois éducateurs dont un diplômé, lui ne sera diplômé qu’en 96 à cause du rythme des départs en formation dans l’association : il n’y a en effet à l’époque qu’un salarié à la fois qui peut bénéficier d’une formation dans tous les F.O.M.A.L de la région.

Cette formation lui permettra d’interroger sa pratique auprès des usagers du F.O.M.A.L et de développer sa capacité d’écoute de l’autre : auparavant il avait tendance à faire les choses à la place des jeunes résidents, il a appris à les guider davantage. En les écoutant avec plus d’attention, il les comprend mieux. L’écoute change tout dans la relation : vingt ans avant il aurait dit à un homme difficile à intégrer d’aller voir ailleurs, sans chercher plus loin. Son entrée en matière avec les sortants de prison mettait l’accent sur le fait que leur passé n’entrait pas en ligne de compte pour lui et que ce qui était important était le respect des règles de l’association. Il fallait savoir ouvrir son cœur mais c’était les rapports de force qui réglaient la vie avec les résidents, il fallait en imposer virilement pour être respecté.

Marc a appris au contact des gens et son souvenir le plus émouvant de formation est celui des handicapés qu’il a rencontré dans les foyers de Bertrange et qui eux l’ont écouté, lui : il a pu leur dire la peur qu’ils lui inspiraient.

La peur provoque l’agressivité et en écoutant quelqu’un exprimer sa peur on parvient à comprendre les raisons de ses actes et à apaiser ses tensions.

Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un quart des résidents qui sortent de prison, les autres sont adressés au F.O.M.A.L par la mairie et le C.C.A.S.



C’est un chemin vers l’autonomie qu’il faut tracer avec eux.

Cela passe par le retour à une hygiène de vie, se lever le matin et par l’amélioration de leur façon de se présenter : beaucoup n’ont jamais travaillé de leur vie et on ne peut affronter le monde du travail sur un mode familier. Il faut être capable de s’exprimer clairement pour être compris par les interlocuteurs que l’on rencontre.

En moyenne les jeunes restent au maximum douze mois dans le dispositif et si leur situation n’est pas réglée, ils sont dirigés vers le foyer AMLI par exemple.

Quand les chosent s’arrangent et qu’ils trouvent du travail les résidents restent souvent dans les parages en louant cette fois un appartement à leur nom.

Depuis 1991, il ya des filles dans l’équipe éducative et depuis peu les résidents peuvent accueillir leurs petites amies : les garçons respectent les éducatrices qui ont d’autres façons d’entrer en relation avec eux et la présence des amies dans les chambres diminue la violence et motive davantage les garçons pour retrouver du travail.


A la veille de partir Marc Betou sent qu’il a fait un sacré boulot et rien ne lui fait plus plaisir que la reconnaissance des anciens résidents qui parfois l’invitent à manger chez eux.



les collègues de Marc en réunion au F.O.M.A.L

dimanche 4 octobre 2009

WIKI@THIONVILLE




Un site collaboratif wiki, c’est une première à Thionville mais il existe déjà des modèles en fonction comme le « Wikibrest » depuis 2006.Un site « wiki » est une sorte de bibliothèque vivante toujours en évolution : il rassemble les articles mis en ligne par les gens qui veulent contribuer à la construction du site en écrivant sur tous les sujets envisageables : il s’agit aussi bien de témoignages historiques sur la vie des habitants que de recueil de pratiques comme la cuisine, la photographie, le sport, l’art.

Les témoignages que nous recueillons ici même donnent une idée du genre de travail que l’on peut faire avec un site wiki : il suffit de ses tourner vers les gens qui nous entourent, que l’on croise peut-être mais dont on ne connaît pas forcement l’activité : ces découvertes changent la perception ordinaire que l’on peut avoir de son environnement habituel. Apprendre l’histoire de sa Ville à travers l’histoire d’une personne, apprendre à connaître des métiers qui existent autour de nous, connaître les engagements des habitants, faire connaître ses propres engagements, découvrir les formes de solidarités locales existantes, … tout cela forme une image plus complète et peut servir de référence pour avancer sur son propre chemin.

En plus, la particularité du « wiki », c’est la possibilité de collaborer à la conception et à l’écriture des articles : chaque contributeur peut intervenir dans le contenu d’un article pour corriger une erreur ou apporter des précisions.




Mais le « wiki » c’est aussi la possibilité de réunir les initiatives locales et de les valoriser, assurer une plus grande visibilité aux associations qui participent à la vie sociale de la ville. C’est pourquoi nous appelons les gens intéressés par le développement d’un tel site à prendre contact avec nous et à contribuer car on ne peut prévoir toutes les applications nécessaires au fonctionnement du site à l’avance : un site collaboratif se construit progressivement.

A Thionville, nous commençons modestement avec les équipements du Centre « Le Lierre » et son équipe multimédia et les relais informatiques déjà disponibles dans les quartiers. Mais le projet n’en est qu’à ses débuts et son développement dépendra de son succès.

Nous cherchons d’abord à faire connaître l’existence du site et à constituer des groupes de travail avec des gens intéressés par la démarche : ateliers de sensibilisation, où l’on évoque l’environnement « wiki » et ses règles, les impératifs de droits de publication et de propriété intellectuelle sur le net, l’accès au site lui-même et la manière de se déplacer parmi les catégories d’articles grâce au menu ; ateliers d’écriture où l’on expérimente en groupe les manières de rendre compte d’un événement, d’un témoignage ou d’une pratique.



Les contributions au site sont libres et les contributeurs ont le choix : soit ils publient leurs textes en les rendant accessibles à tous et à la copie soit ils publient de façon à ce qu’on ne puisse modifier ou copier leur articles.

Dès que le site fonctionne, un modérateur veille au bon usage du site en communiquant sur les pages communes rattachées aux articles ou sur les pages personnelles des contributeurs. Mais son intervention devrait se limiter à la forme des articles ou à des remarques sur le contenu sur les pages de discussion. Le but est que les utilisateurs du site accèdent rapidement à l’autonomie en se familiarisant avec la catégorisation des articles, les liens hypertextes et la façon de les utiliser et les licences de publications à cocher ou à ajouter en mot "tag" à la fin des articles.

Dans la pratique, en plus des ateliers de sensibilisation et d’écriture, on peut imaginer des jours « WIKI », « wikidays » où les contributeurs pourraient se réunir à intervalle régulier, pour échanger sur leurs pratiques informatiques et sur les actions innovantes mises en place autour et grâce au site collaboratif. Et pourquoi pas comme à Brest, une fête internet à Thionville.











Informations complémentaires :

Centre « Le Lierre » - place Roland – 57100 Thionville


l'équipe du portail des voisins/wiki

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Contacts : Thierry Leger / Hervé Creff

03 82 54 39 97 ou 03 82 82 11 70

lelierre.centre@wanadoo.fr